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Paris Première : Tout d'abord, pourquoi avoir mis tant de temps à monter sur scène ?
Alexandre Pesle : Quand je disais que je voulais monter sur scène, on m'encourageait avec des phrases formidables du style : "T'as pas intérêt de te planter !" ou encore "Quoi? Tu veux te comparer à Jamel et Gad! ?! Mais tu n'y arriveras jamais !". Donc bizarrement tous ces encouragements m'ont boosté. Mais la peur me tenaillait. Les déclencheurs ont été l'aigreur et la frustration. Quand je me suis dit que ces deux sentiments allaient bientôt m'envahir, je me suis dit qu'il n'y avait qu'une solution : y aller. Et j'ai eu l'occasion de travailler avec des gens formidables ( les Nuls, Jamel, Eric et Ramzy, Yvan et Bruno, Timsit ... pardon pour ceux que j'oublie). Je ne regrette rien car la scène quand ça marche c'est tout simplement du bonheur. Alors je dirais sobrement "youpi".
Paris Première : Que représente ce premier one-man show pour vous ?
A. Pesle : J'ai l'impression d'avoir accouché de moi-même ! Et pour un garçon, ce n'est pas évident, on n'est pas très large du bassin, et encore moins du pénis. D'où des appréhensions légitimes. Et de belles incertitudes. J'avais écrit pour tout le monde et jamais pour moi. Quand j'ai commencé à écrire, c'était l'horreur, rien ne m'allait. Ensuite je me suis raisonné et l'écriture a été relativement rapide. Relativement.
Paris Première : Pourquoi avoir choisi le thème du show-business pour ce premier spectacle?
A. Pesle : C'était dans l'air du temps. Et ça l'est toujours. Ce monde fascine. Alors que c'est un travail de tous les instants. Et puis le coaching étant à toutes les sauces et puisque les gens ne parlent plus à leur curé, le thème s'est imposé à moi.
Paris Première : Une anecdote ou un petit rituel avant de monter sur scène ? ( pitié faites nous rêver, toutes les stars en ont ! )
A. Pesle : Je me parfume avec le flacon offert par ma femme. Comme ça, j'ai l'impression qu'ils sont avec moi (elle et mon fils) et j'ai moins d'appréhensions. Sinon pour faire rêver ... je défends toujours une veuve et un orphelin avant de venir. Ou je réanime une patiente qui vient d'avoir une attaque cérébrale et ensuite je vais jouer. La routine quoi ! Mais j'ai pas très envie d'en parler ça fait le mec qui se vante.
Paris Premiere : Difficile de se défaire de l'image de Sylvain, l'amoureux transi de Maéva dans Caméra Café ?
A. Pesle : Pour moi, oui c'est facile. Pour les gens c'est plus dur. Ils viennent me voir en spectacle parce-qu'ils m'ont vu dans Caméra Café. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Cette image va me coller à la peau encore un bon moment et je m'en fous tant qu'on en m'en parle pas.
Paris Première : Le compliment que vous ne supportez pas que l'on vous fasse ?
A. Pesle : Au début, on me disait en sortant du spectacle, admiratif : " Tu m'as agréablement surpris !" Je me disais qu'ils devaient venir en se disant que j'allais me prendre les pieds dans le tapis, ça m'agaçait. La première fois que je suis montée sur scène, j'ai eu droit de la part d'une amie à un très joli : " C'est très courageux de ta part ". On m'aurait roué de coups , l'effet aurait été le même. Du coup j'en ai même fait un sketch dans mon spectacle : ne jamais dire la vérité après un spectacle.
Paris Première : Vous savez que les tempes grisonnantes c'est sexy ?**
A. Pesle : Merci, vos parents peuvent être fiers de vous, ils vous ont bien élevé. Je ne sais pas si c'est sexy mais on me le dit. Je m'en accommode. Mais quand mon fils me regarde sur une photo avec mes cheveux bruns et me dit : "Tu vois, là, avec tes vrais cheveux, t'étais bien ", je relativise le sexy. J'ai fait un jour une couleur et j'avais l'impression d'être Jean Lefevre ! Une horreur. Je me suis retrouvé avec un renard mort sur le crâne. Donc j'ai opté très sereinement pour le sexy... puisque je ne pouvais pas faire autrement. Et puis ça change de mon personnage de Caméra Café. |