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  • La nouvelle cote du cinéma français à l’international

    La nouvelle cote du cinéma français à l’international

    25/01/2012

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    Alors que ‘The Artist' triomphe aux Golden Globe et qu'‘Intouchables' démarre fort sa carrière internationale, reportage dans les coulisses des 14èmes Rendez-vous du cinéma français, plaque tournante de l'exportation du septième art tricolore.

    Alors que The Artist rafle trois Golden Globes et croit en sa bonne étoile aux Oscars, Intouchables entame une belle carrière internationale avec 1,2 millions d'entrées, dont 300 000 en Allemagne. À titre d'exemple, en 2010, les deux plus grands succès de langue française sur ce territoire non francophone avaient été Océans ( 557 725 entrées) et Le Concert (367 986). La vitalité du cinéma français ne se cantonne plus à ses frontières et cela s'est vérifié aux 14ème Rendez-Vous du Cinéma Français qui se sont tenu à Paris du 11 au 16 janvier derniers. Organisé par Unifrance, cet évènement réunit distributeurs et journalistes étrangers curieux des drames et des comédies de notre terroir. Cette année, le menu des projections est copieux : Une Vie meilleure de Cédric Kahn, Présumé Coupable de Vincent Garenq ou Les Infidèles de la bande à l'omniprésent Jean Dujardin. Côté business, Ici-bas de Jean-Pierre Denis, le dessin animé Ernest et Célestine (des créateurs de Panique au Village) ou Aux yeux de tous (thriller parisien sur fond de terrorisme) ont fait monter les enchères. Et pour ceux qui n'avaient pas pu faire le déplacement, Unifrance a organisé la 2ème édition du Festival du cinéma français en ligne : trois semaines, 10 longs-métrages accessibles en 14 langues.

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    « J'ai tellement de choses à faire que je n'ai pas le temps de réfléchir à l'évolution du cinéma français ! », confie en coup de vent Eric Koch, du quotidien hollandais Telegraaf. C'est vrai que ça ne chôme pas dans les couloirs. En 4 jours, 150 artistes défilent pour promouvoir le gratin de la production française. Dans l'alignement de chambres, Omar Sy, Jean-Pierre Darroussin, Leila Bekhti ou Christophe Honoré enchaînent les tables rondes sans déplaisir, comme le confirme Tahar Rahim venu défendre Love and Bruises de Lou Ye : « Les questions sont toujours un peu les mêmes mais ce n'est pas de la faute des journalistes. C'est l'exercice qui veut ça. » Normal, avec l'importance croissante de l'exportation, tous ont compris l'intérêt de se réunir en un endroit pour promouvoir leurs œuvres. Tahar Rahim ajoute : « Il n'y a pas trop de différence avec les journalistes français. J'ai peut-être moins de questions personnelles. Je suis acteur. Un point c'est tout. Et j'avoue que ça me fait plaisir ». Les critiques étrangers sont en effet plutôt curieux du phénomène hexagonal, comme le confie Richard Mowe, journaliste et directeur du French Film Festival UK : « C'est la diversité des sujets qui est intéressante : des films policiers, des drames, des comédies. La production française est d'un niveau très élevé. » Un point de vue que partage Eric Koch qui souffle un peu entre deux rendez-vous : « Pendant dix ou quinze ans, il n'y avait rien mais ce n'est désormais plus le cas. Bien sûr, le cinéma américain continue de se tailler la part du lion mais vos films sont bien meilleurs qu'avant. »

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    Au deuxième étage, côté marché, le son de cloche est un peu différent. La diversité de l'offre devrait contenter toutes les sensibilités mais le distributeur tchèque Ivan Hornec de Film Europe Media Company précise : « Depuis trois ans, les films sont moins franco-français, plus internationaux. Largo Winch 2 est bien plus exportable qu'Astérix 3. Les oeuvres ne sont plus seulement des drames intimistes centrés sur les dialogues. » De quoi faire trembler Hollywood ? Pas encore mais Andrea Metcalfe de AQS Distribution confirme : « Le cinéma français a désormais de très bons films de genre et la place des films américains diminuent parce qu'ils produisent moins avec plus d'argent. » Il y a pourtant un prix à payer. Selon Unifrance, les chiffres du cinéma français à l'étranger en 2011 devrait avoisiner les 66 millions d'entrées (+10% par rapport à 2010) et les 405 millions d'euros de recette (+19% par rapport à 2010). Ce bon chiffre masque pourtant une autre réalité : les films en langue française n'ont réalisé que 25 millions d'entrées (contre 35 en 2010) et les productions majoritairement françaises passent de 82% à 52%. Oui, la grande distribution a un peu écrasé les produits du terroir à l'étranger. Pour exister financièrement, le cinéma hexagonal a dû donner, ironie du sort, dans le blockbuster américain. Malgré tout, il y a des raisons d'espérer. Et elles s'appellent The Artist ou Intouchables. Sans avoir cédé aux sirènes d'une production hollywoodienne, ces films sont actuellement les meilleur outils de promotion de la production made in France. Et il risque fort de créer la demande au-delà de nos frontières.

    Par Adrien Sene


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