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17/02/2012

Déjà lauréat de trois Golden Globes et sept BAFTA (sur 12 nominations), le film événement de Michel Hazanavicius ('OSS 117') a décroché dix nominations aux Césars et aux Oscars, qui auront respectivement lieu les 24 et 26 février prochains. En attendant le verdict, le réalisateur poursuit la promotion de son film qui a enregistré à ce jour 2 millions d'entrées. Il était mercredi 15 février l'invité de l'Apple Store Opéra (contraste saisissant pour un film muet en noir et blanc), qui organisait une conférence de presse publique. Éreinté par le tourbillon médiatique généré par 'The Artist', celui qui est en lice pour l'Oscar du meilleur réalisateur aux côté de Martin Scorsese, Woody Allen ou Terrence Malick reste modeste, sans rien cacher de son immense fierté. Interview.
Depuis le prix d'interprétation remis à Jean Dujardin à Cannes en mai dernier, jusqu'à sa sortie en France et ses nombreux prix à l'étranger, le film est devenu un vrai phénomène. Avez-vous l'impression qu'il vous appartient toujours ?
Le film ne m'appartient plus depuis le moment où j'ai fini le mixage. Ce deuil là, je l'ai fait depuis bien longtemps. Dès la sortie, le plus important devient le rapport entre le film et le public. Moi, je suis le premier témoin de cette histoire et j'en récolte les fruits. Jean [Dujardin] se sert d'une assez belle image pour l'exprimer : « C'est comme si le film était un bateau et que l'équipe faisait du ski nautique derrière. » Je ne me sens pas du tout dépassé, car on est juste tracté par l'histoire, la vie du film.
Grand gagnant des BAFTA britanniques, quel est votre état d'esprit à la veille des Oscars ?
Ça ressemble à une histoire merveilleuse, le genre d'histoire qui n'arrive qu'aux autres normalement. C'est difficile de commencer un film aussi bas et de finir au plus haut. Peu de personnes y croyaient, moi-même je n'y croyais pas au début. J'ai d'ailleurs mis du temps à me convaincre de le faire sérieusement. De coup de chance en coup de chance, on y est arrivé, en travaillant avec les bonnes personnes. L'histoire est quand même incroyable.
On sait que la campagne de promotion du film est décisive pour figurer aux Oscars. Celle de The Artist a été orchestrée par Harvey Weintein, qui avait mené Le Discours d'un roi à gagner l'édition de 2011. Vous considérez-vous « comme un soldat de la Weinstein Company » comme vous l'avez déclaré à M le Magazine, le 23 janvier dernier ?
Un soldat, mais pour un temps seulement…
N'y a-t-il pas un côté un peu marionnettiste chez Harvey Weinstein ?
Il ne faut pas exagérer, quand il nous a proposé la campagne, il a tout de suite été clair sur l'engagement exigé. Moi j'ai dit oui, on a tous dit oui. Dans ma tête, j'ai pensé que je me mettais à louer jusqu'à fin février, date des Oscars. Si j'avais vu que le film n'allait nulle part, on aurait tout arrêté, sauf qu'on a bien passé tous les tests. On a reçu des prix de partout, les prix du public, de la citrique, puis les Guild awards, remis par les professionnels. Tous les prix importants… Si dès le début on avait été hors course, Harvey ne nous aurait pas fait continuer. Récompenser le film, c'est aussi nous récompenser chacun à titre individuel. Quand il y a possibilité de récolter ce type de reconnaissance, il faut évidemment jouer le jeu, parce que gagner n'a pas de prix.
Dans la catégorie « meilleur film » aux Oscars, y a-t-il des concurrents qui vous font peur ?
Peur, certainement pas, mais il y a ceux qui ont des chances de l'emporter. Je dirais Hugo Cabret, The Descendants et The Tree of life. À la base, tous les films qui sont là le sont parce que les gens ont voté pour eux, ils ont tous des chances. Vous ne savez jamais comment ça se passe. Mais si j'en crois un peu ce que j'entends, bien que nous soyons aujourd'hui les favoris, The Tree of life peut séduire à nouveau le jury. Il a quand même gagné la Palme d'Or et Terrence Malick est un réalisateur mythique.
Si vous deviez remettre l'Oscar à un autre film que le vôtre, lequel choisiriez-vous ?
J'ai adoré Moneyball [Le Stratège]. Quoiqu'il en soit, je ne vote ni aux Oscars, ni au Césars. Je ne suis pas très à l'aise dans cet exercice là et je dois avouer que je n'ai même pas vu tous les films sélectionnés…
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