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    Michaël R. Roskam et Matthias Schoenaerts, têtes de vainqueur de ‘Bullhead’

    22/02/2012

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    Avec ‘Bullhead', polar sur fond de trafic d'hormones en milieu bovin, le réalisateur Michaël R. Roskam et l'acteur Matthias Schoenaerts incarnent le sang neuf du cinéma flamand. Rencontre.

    ‘Bullhead' est nommé à l'Oscar du meilleur film étranger mais Michaël R. Roskam, 39 ans, ne semble pas trop y croire : « C'est Une séparation qui va gagner mais c'est déjà une belle distinction, confie le réalisateur. »
    C'est même la plus belle après la vingtaine de prix récoltés partout dans le monde. Mais ce premier long-métrage qui plonge au cœur de la mafia flamande des hormones a fait mieux : il a révélé l'acteur Matthias Schoenaerts, enrôlé depuis par Jacques Audiard dans son prochain film, Un goût de rouille et d'os. Ce timide de 34 ans sourit quand il pense au tapis rouge qu'on lui déroule après sa performance dans la peau de Jacky Vanmarsenille. Cette première rencontre avec de futurs grands méritait bien un questionnaire « première fois ».

    Premier choc cinématographique ?

    Michaël R. Roskam : Vers l'âge de cinq ans. Un film débute à la télévision et mon père m'envoie au lit en me disant que ce n'est pas pour moi. Comme je suis fasciné par les premières images, je le regarde en cachette, du couloir. Mais, quand le monstre apparaît, je suis littéralement pétrifié, incapable d'appeler mon père. C'était La Belle et La Bête (1945) de Jean Cocteau.

    Matthias Schoenaerts : Un film sur l'Antarctique dont je ne me rappelle plus le titre. Je me souviens qu'à un moment, la glace se brise sous un attelage de chiens de traîneaux et les précipite dans l'eau. Comme j'en avais un de la même race, j'ai éclaté en sanglots. Sinon, je me suis également senti mal devant L'Exorciste (1973). Vraiment, mal !

    Premier maître ?

    M.R.R. : Roman Polanski, même si ce n'est pas une influence directe. Quand j'ai vu Le Locataire (1976), le film m'a fasciné et m'a fait prendre conscience de la mise en scène. Après, Scorsese a eu une influence beaucoup plus directe sur mon travail. C'est mon parrain artistique pour ses anti-héros.

    M.S. : Al Pacino dans Le Parrain 2 que j'ai dû voir à 15 ans. Je ne ressentais pas le travail de comédien comme maintenant mais son interprétation tout en retenue m'a bouleversé. Pour moi, c'est son meilleur rôle.

    Première envie de cinéma ?

    M.R.R. : J'ai étudié la peinture à l'Académie des beaux-arts de Bruxelles, envisagé une carrière dans la bande-dessinée et versé dans les écrits philosophiques mais je ne me suis jamais senti à l'aise dans ces milieux. Un jour, je demande une caméra à un ami producteur pour réaliser un petit film. Je lui ai raconté l'histoire et il m'a dit : « Très bien. On va faire du vrai cinéma. On va ramasser tous les talents disponibles et toi, tu vas exprimer ta vision avec eux. » Au fond, le boulot d'un réalisateur c'est ça : reconnaître les gens qui ont du talent, s'entourer d'eux et leur laisser faire leur boulot !

    M.S. : Je n'ai jamais vraiment eu envie de faire du cinéma. Bien sûr, le fait d'avoir grandi dans cet environnement a dû jouer père, Julien Schoenaerts était un très grand comédien flamand, nldr mais j'ai juste commencé des cours d'art dramatique par curiosité. Dès la première année j'ai adoré et, après, de façon naturelle, j'ai évolué vers le cinéma.

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