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  • Les César 2012 à la loupe

    Les César 2012 à la loupe

    24/02/2012

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    Mathieu Kassovitz sur le carreau, ‘Intouchables' et ‘L'Apollonide' au coude à coude, Vincent Lindon oublié des votants, ‘The Artist' attendu au tournant… Retour sur les nominations des Césars et sur ce qu'elles disent du cinéma français.

    Cette année, les nominations aux César proposent une cuvée particulièrement riche, mêlant films d'auteur radicaux et grands succès commerciaux. Certes, le cinéma français est loin d'avoir résolu tous ses problèmes, notamment en ce qui concerne le formatage tout-puissant du partenaire télévisuel dans le financement des films, ou encore la distribution d'œuvres indépendantes souvent « sacrifiées » à l'autel du marché. Toujours est-il que qu'en 2011, une conjonction d'éléments favorables a trouvé un écho dans la remarquable diversité des nommés aux César.
    En termes de chiffres, les films recueillant le plus grand nombre de nominations sont, dans l'ordre décroissant, Polisse (13), L'Exercice de l'état (11), The Artist (10), Intouchables (9), L'Apollonide (8), La guerre est déclarée (6), Angèle et Tony (3). Ce décompte simplement quantitatif est important, car les résultats des César sont le fruit statistique d'un vote de professionnels, ce qui les distingue, par exemple, des récompenses attribuées par les jurys des festivals. Cela permet par exemple à Intouchables d'Éric Toledano et Olivier Nakache d'avoir de nombreuses nominations, en dépit de son succès commercial qui aurait pu provoquer, de la part des membres d'un jury, un réflexe du type « il n'en a pas besoin ». Incontestablement, les votants ont nommé les titres qu'ils aiment, et ils ont apprécié que le DVD d'Intouchables, en passe de devenir le film le plus rentable de l'histoire du cinéma français, leur soit livré dans le coffret des César !

    Bonello, Nakache et Toledano dans le même bateau

    Ceci dit, des paradoxes peuvent apparaître : L'Apollonide de Bertrand Bonello, a priori assez pointu (considéré comme un grand succès pour son auteur, avec environ 200 000 spectateurs), a presque autant de nominations qu'Intouchables (qui avoisine les 20 millions d'entrées). Aucun des films précédents de ces mêmes réalisateurs n'avait reçu la moindre nomination (Bonello en est à son cinquième long métrage, Nakache et Toledano leur quatrième). Ces résultats réfutent au moins deux préjugés : primo, les films d'auteur radicaux ne sont jamais aux César, et secundo, les méga-succès au box-office non plus. Ce constat en cache un autre : si l'on regarde dans le détail, on voit que L'Apollonide, malgré ses huit citations, n'est nommé ni comme meilleur film, ni comme meilleur réalisateur, ni pour son scénario, et que Bonello n'a de nomination personnelle qu'en tant que compositeur de la musique originale !

    Politique des auteurs

    Autre phénomène notable : cette année, le nombre de réalisateurs nommés a été amené de cinq à sept – soit autant que les meilleurs films –, et les listes de ces deux catégories sont strictement concordantes. Cela peut sembler logique, puisque le réalisateur est considéré, en France plus qu'aux États-Unis, comme l'auteur principal d'un film. Mais il est intéressant de rappeler que l'année dernière, deux nommés « meilleurs réalisateurs » (Assayas pour Carlos et Blier pour Le Bruit des glaçons) n'étaient pas en lice pour le meilleur film. Autre singularité, dans cette double catégorie « meilleur réalisateur + meilleur film », se retrouvent deux œuvres dont les votants ont apprécié la patte d'auteur très personnelle, malgré leur quasi absence dans toutes les autres catégories : il s'agit d'Alain Cavalier pour Pater et Aki Kaurismäki pour Le Havre, totalement hors système pour le premier, étranger « en transit » pour le second.

    Pourquoi Kasso l'a dans le c…

    Selon les goûts et les points de vue, on peut parler d'injustice. Ou bien de justice. Toujours est-il que L'Ordre et la Morale, de Mathieu Kassovitz, n'a été nommé que dans une seule catégorie (meilleur scénario - adaptation), ce qui a provoqué chez son réalisateur-interprète une colère ordurière sur Twitter. Mais c'est la loi de la statistique : il est peut-être arrivé 8ème sur 200 dans toutes les catégories, ce qui l'a éliminé du second tour. Pareille mésaventure concerne d'autres films remarqués, comme Les Neiges du Kilimanjaro de Robert Guédiguian ou Toutes nos envies de Philippe Lioret. Les deux s'en tirent toutefois avec une nomination chacun pour la meilleure actrice (Ariane Ascaride et Marie Gillain). Quant à la parcimonie de nominations pour Omar m'a tuer et Présumé coupable, on peut supposer que leur « concurrence », sur des sujets comparables, les a peut-être desservis.
    Autre paradoxe, celui des acteurs qui tournent beaucoup et qui ne récoltent rien. Il est possible que les votants, même s'ils les apprécient, aient du mal à les distinguer dans un film plutôt qu'un autre : Vincent Lindon a été la tête d'affiche de trois films en 2011 (Pater, Toutes nos envies, La Permission de minuit), dont deux sont cités par ailleurs. Même situation pour Sandrine Kiberlain, dans des rôles secondaires (Polisse, Les Femmes du 6e étage, Beur sur la ville)… Aucun n'a reçu de nomination.

    The Artist polyglote


    Reste le phénomène de The Artist, le projet fou de Michel Hazanavicius et de son producteur Thomas Langmann : un film français muet en noir et blanc tourné à Hollywood. Après le prix cannois de Jean Dujardin et un succès commercial très honorable pour une entreprise aussi excentrique, l'engouement général du film dans les pays anglo-saxons lui a permis de récolter un nombre historique de récompenses à l'étranger, des Golden Globes américains aux Baftas britanniques. Le subterfuge était inattendu : grâce à son absence de dialogue, il peut bénéficier d'une sortie importante dans les pays anglo-saxons qui détestent les films doublés ou sous-titrés ! Les César, suivis des Oscars, vont-ils confirmer ce triomphe sans précédent ? Réponse cette semaine.


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