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  • Michaël Ferrier dans le chaos de Fukushima

    Michaël Ferrier dans le chaos de Fukushima

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    15/03/2012

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    Installé au Japon depuis 20 ans, l'écrivain Michaël Ferrier était à Tokyo lors du séisme. Il a visité la zone frappée par le tsunami et les environs de Fukushima et relate son expérience dans ‘Fukushima, récit d'un désastre'. Un récit saisissant qui aide à mieux comprendre la catastrophe, l'actuel débat sur le nucléaire au Japon et… l'absence de débat en France.

    Où étiez-vous lors du séisme ?

    Sous ma table ! A Tokyo, dans ma petite maison (Yoyogi-Uehara, au fond de l'impasse, à droite).

    Les victimes d'un tremblement de terre expliquent souvent que les minutes du séisme, ainsi que celles qui précèdent, sont plus nettement gravées dans leur mémoire que d'autres souvenirs importants, presque seconde par seconde…

    Un séisme d'une telle ampleur trace nécessairement une ligne entre un avant et un après. C'est en ce sens que je dis qu'un tremblement de terre est aussi un tremblement du temps. Tout d'un coup, très vite pour certains ou progressivement pour d'autres, on se rend compte que plus rien ne sera comme avant. C'est peut-être pour cette raison que certaines victimes du séisme ont cette sensation exacerbée. La plupart des gens se rappellent effectivement très exactement où elles étaient et ce qu'elles faisaient au moment du séisme, un peu comme lors de l'attentat du World Trade Center en 2001 : cela veut dire que le tremblement de terre est devenu un repère personnel, historique et social. Quand je suis arrivé au Japon, j'ai été surpris de constater que le grand tremblement de terre de 1923 (qui avait rasé Tokyo et Yokohama en quelques secondes) était pour les Japonais un repère historique plus important que la Première guerre mondiale : le séisme du Tohoku, le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima font évidemment partie désormais de l'Histoire du Japon. Mon sentiment est que la catastrophe de Fukushima fait aussi partie - ou devrait faire partie, malgré les dénégations de certains - de l'Histoire du monde, qu'elle peut ou qu'elle doit changer quelque chose dans notre réflexion par rapport à nos modes de production et de consommation, nos choix de société. Si nous n'enclenchons pas cette réflexion maintenant, un jour, une autre catastrophe, plus proche de nous peut-être, nous forcera à le faire.

    Le séisme ne nous est connu ici que par l'image. Or, vous insistez sur la dimension sonore : bruit infernal du séisme, fenêtres qui se dilatent dans leurs châssis…

    Il y a eu un déluge d'images - c'est le cas de le dire - au moment de la catastrophe. Nous avons été noyés sous un flux d'images désastreuses et répétitives, et à la lettre sidérés. J'ai tout de suite pensé que, face à ce déferlement, il fallait aussi traduire en mots cette catastrophe. La littérature ici peut jouer un rôle essentiel : en faisant appel à tous les sens (l'ouïe, mais aussi le toucher, le goût, l'odeur et même la vue, mais d'une manière différente d'une caméra), elle permet de donner une dimension plus juste et plus complète à l'événement et, ce faisant, de commencer plus précisément à le penser. Cela ne disqualifie pas pour autant les autres moyens d'expression. Je n'ai rien contre l'image en soi, elle peut avoir son utilité et peut, elle aussi, être portée au niveau d'un art, mais il me semble que dans ce genre de circonstances extraordinairement dramatiques, la littérature peut être un atout décisif.

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